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À Baden Baden

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Hourrah ! Ypa ! Lebebob ! Vivat ! Evviva ! ! Vive le petit Paul ! Vive sa mère ! Vive son père ! Vive toute la famille !

(24-7-57, Nouvelle Correspondance Inédite, tome I, p87) avec un additif en arabe à la fin.

Le ton de cette lettre, et une certaine légende, venant même de la famille et s’appuyant sur la vie en commun à Courtavenel en octobre 56, a accrédité la paternité de Tourguéniev. La ressemblance de Paul avec Louis contredit cette légende. Du reste, parmi les quatre enfants de Pauline (3 filles et un garçon), ce n’est pas Paul qui est le plus aimé de lui.

Le républicain Louis Viardot, lors des perquisitions que lui fait subir la police de Napoléon II (il cache chez lui des conspirateurs italiens), lors du régime du second Empire songe à s’exiler avec sa famille. C’est une vieille connaissance, Frantz Liszt, qui recommandera à Pauline une ville d’eaux en Allemagne, Baden-Baden, où les Viardot s’installeront en 1863 et où ils resteront jusqu’à la guerre.

La villa Viardot à Baden Baden

Tourguéniev les y suivra et s’y fera construire une villa, tout proche de celle des Viardot.

Pauline y installe son orgue Cavaillé-Coll, venu de Paris, et donnera des concerts et des représentations d’opérettes, dont elle composera elle-même la musique et Tourguéniev le livret.

Jouées avec la participation de toute la famille, y compris Ivan, ces opérettes feront rire des hôtes illustres : Bismark, le roi et la reine de Prusse, grande admiratrice de Pauline. La reine Augusta lui proposera de créer à Baden-Baden une académie de chant à l’intention de ses nombreux élèves : la guerre de 1870 fit avorter ce projet. O mon amie ! Je suis heureux à la pensée que tout en moi est lié à votre être de la façon la plus intime et dépend de vous ! Si je suis un arbre, vous êtes en même temps mes racines et ma couronne.

6-2-1867 (Nouvelle Correspondance Inédite, tome I, p 140)

O mon amie que j’aime passionnément, je pense constamment à vous jour et nuit, et avec quel amour infini ! Chaque fois que vous pensez à moi, vous pouvez dire avec assurance : " mon image est en ce moment devant ses yeux et il m’adore ". C’est littéralement vrai. En allemand, 18-2-1867 (Nouvelle Correspondance Inédite, tome I, p 142)

L’émoi à la perspective de rejoindre Pauline à Berlin venue pour y chanter est patent dans ces lignes (Nouvelle Correspondance Inédite, tome I, p 144 – 26-2-1867)

Samedi de très bonne heure, si Dios quiere, j’arrive à Berlin […] Vous dire ce que j’éprouve est parfaitement inutile. Vous devez le savoir, vous le savez aussi bien que moi. Mais je ne le croirai qu’une heure après vous avoir vue […] 26-2-1867 (Nouvelle Correspondance Inédite, tome I, p 144)

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