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Goncourt, Flaubert, Daudet, Zola, Maupassant

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C’est par le journal d’Edmont de Goncourt (à partir de 1872) que l’on apprend à connaître les aspects intimes de Tourguéniev : entre hommes, au cours des fameux dîners des ” auteurs sifflés “, ou chez Flaubert, qu’Ivan Serguéïévitch avait coutume de ” s’éclater “, d’étaler au grand jour ses activités sexuelles, de parler avec liberté de tous les sujets. D’où l’intérêt unique des notations d’Edmond, qui permettent aussi de connaître les véritables faits et les modèles vivants qui forment la trame des livres du grand Moscove.

Ces confessions constituent une sorte de négatif de l’œuvre où le souci des convenances ne permet pas à l’écrivain réaliste de donner à son imprimeur des textes aussi crus. C’est ainsi que Le médecin de campagne (Mémoires d’un chasseur), la nouvelle Trois rencontres, ou encore le poème en prose ” Rencontre “, textes épurés et à l’eau de rose, s’appuient sur des scènes ou aventures vécues bien différemment.

Alphonse Daudet a consacré à son maître et ami Tourguéniev un essai qu’il a le mérite de publier simultanément en France, en Russie et en Angleterre. Daudet représente un cas intéressant au milieu des ” Cinq ” : s’il s’est servi d’un des Récits d’une chasseur (Le Pré Béjine) pour écrire une de ses Lettres de mon moulin (Les Etoiles), Tourguéniev de son côté lui empruntera le sujet des Vieux pour interpréter un récit (Fimöchka et Fomonchki) dans son roman Terres Vierges (voir Le Petit Chose, 1997).

Tourguéniev a fait éditer certaines œuvres de Daudet en Russie pour l’aider financièrement. Il se rappelait que le jeune fils de Daudet ayant un jour aperçu Tourguéniev (1,91 m) marchant à côté de Flaubert (1,85 m) s’était écrié : ” Dis, papa, ce sont des géants ? “

Emile Zola se considérait comme le fils spirituel de Tourguéniev. La famille Zola perpétue la tradition qui veut que Tourguéniev ait été le bienfaiteur du jeune écrivain français. Il lui avait procuré,alors qu’il était dans le besoin, un travail régulier de chroniqueur, pendant cinq ans, dans les colonnes du Messager de l’Europe. En 1891, Zola décrit toute sa reconnaissance à la Russie et, en particulier, à son ami et maître Ivan Tourguéniev pour lui avoir permis d’être publié, alors qu’il était interdit en France.

Les lettres de Zola à Tourguéniev sont des lettres d’affaires concernant précisément ses publications en Russie. Par exemple, Zola veut acquérir la certitude que l’éditeur Stassioulevitch , l’éditeur du Messager accepte de publier La faute de l’abbé Mourret. ” Confessez-le “, demande-t-il à Tourguéniev (voir la Lettre)

La proximité des deux maisons de Médan (la ” cabanne à lapins ” devenue le Musée Zola) et de Bougival favorise un tourisme littéraire où les deux maîtres du roman moderne se trouvent réunis.

Il faut y adjoindre Guy de Maupassant qui eut un certain temps sa chambre dans l’île de Chatou, à la Maison Fournaise. Maupassant est certainement l’écrivain le plus proche de Tourguéniev, après Flaubert dont il prit la relève en 1880. Tourguéniev reconnu son immense talent après avoir lu Boule de suif et Une Vie qu’il fit traduire en russe. Guy de Maupassant se considérait comme le disciple de Tourguéniev dont il imita le style et auquel il emprunta bien des sujets dans ses contes, nouvelles et son roman Fort comme la mort. Il dédia à Tourguéniev son recueil La Maison Tellier et lui consacra quatre études après sa mort.

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